Born illegitimately
To a whore, most likely
He became an orphan
Oh what a lovely orphan !
Hum ce soir.Une sale soirée à la "
Gerry" de Gus van sant. Ou à la "
Waiting for Godot" de Beckett. Comme tu préferes. Observation des biscuits dans les supermarchés. Le genre de chose a toucher et a gouter avec les yeux, histoire de se dire qu'on est peut-etre pas si morts apres tout. J'ai mal aux pieds, je fixe ceux qui marchent juste devant moi, pour ne pas me perdre dans mes pensées.
(Pour pas me perdre tout court.)Puis une demi heure trois quarts d'heure passés sur la digue à s'observer en chiens de faïence, et une putain de tristesse qui me prend au coeur. L'envie de se jeter à l'eau. Littéralement. Ca sert à quoi de rester là à se sapper le moral mutuellement ? je me le suis demandé. Et puis, oui, j'ai trouvé ma réponse : trop de fierté mal cachée, pas assez de courage pour s'excuser et puis l'habitude de se voir.
-"Viens, si tu veux on peut aller voir David La Chapelle qui s'expose à côté du Petrussian. Il a de jolies photos je trouve."
-"...."
Silence radio.
Froid polaire.
-"Enfin, on est pas ... je veux dire, si t'as pas envie...."Ahlala. Le nombre de phrases avortées ce soir. C'est fou. Pour éviter d'avoir à avorter des phrases qui n'ont pas lieu d'être, il faudrait peut etre inventer une capote à mots.
Tiens c'est vrai ça. A votre avis, on l'enfile sur le cerveau ou on la colle à la bouche?
Si jamais on la colle à la bouche, elle enflerait comme un ballon, se remplissant de phrases non finies.... Mais faudrait changer souvent de capotes, pour ne pas avoir de petit "accident", une rupture de capote viendrait à créer une déferlante de mots tous à la suite formant des phrases sans queue ni tête....
Pire qu'un cadavre exquis.
Hmmm. La terrible réalité des M.T.T (Maladies Textuellement Transmissibles) ... Mais bon. Passée la tristesse de voir que ce que je disais était stupide, j'ai fini par me prendre au jeu. Ainsi j'ai commencé à créer des phrases plus débiles les unes que les autres, pour voir jusqu'a quel point s'étendait l'indifférence du chien de faïence (qui gardera l'anonymat).
Vous voulez un extrait de la connerie qui aurait remplie ma
capote à mots (
si je l'avais déja inventée) ?
...
Je prends ça pour un oui. "Oh regarde! Une trotinnette a trois roues ! Tiens. Une merde poilue. C'est original. Tu t'es jamais demandé pourquoi la devise de michelin c'est "nunch est bibbendum" (orthographe à vérifier) (moi je sais, moi je sais...)? Hé ducon, attention avec ton parapluie ! D'accord chui laide, mais dela a me faire un troisieme narine, non merci ! J'aime Shalimar comme parfum... Bonjour, je cherche... Ah merde je sais plus. Ah oui ! les bRoken boys soldiers silvouplait ? Un balai ? Merci mais jai un aspirateur chez moi. "
Mais bon. Au final, en rentrant à la maison, j'étais plutot contente. J'avais trouvé mon cadeau de fête des mères.
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